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le 23 juillet 2018 Anglaise

Du Leman à Le Mans

16 mars 1961, Genève. Sir Williams Lyons révolutionne l'automobile de grand tourisme. La veille, à l'hôtel restaurant du Parc des Eaux Vives, celui qui a été anobli 5 ans plus tôt par la Elisabeth II pour avoir fondé les marques Swallow et Jaguar a présenté à quelques journalistes avant le lever de voile officiel le prototype "9600 HP", premier coupé Jaguar Type E ainsi surnommé car immatriculé... 9600 HP !

Durant tout le salon, les visiteurs auront pu admirer "9600 HP" sur le stand de la marque pendant que la presse et certains clients potentiels auront essayé le roadster "77 RW" (premier roadster Type E ainsi surnommé... vous connaissez la suite...), convoyé en urgence d'outre-Manche vers la Suisse dans la nuit du 15 au 16 mars par le pilote d'essais maison Norman Dewis.

Le Voiturist vous propose un retour aux origines avec le propriétaire du 189ème roadster Jaguar Type E produit, sorti de l'usine de Coventry 4 mois après "77 RW".

Le Voiturist : Monsieur M, quels sont vos premiers souvernirs d'auto ? Quelle a été votre première voiture ? Et votre première voiture de collection ?

Monsieur M. : Les premiers souvenirs remontent à ma tendre enfance, avec les Citroën Traction puis DS familiales. Mais la première qui m'a marqué fut une Isetta blanche. C'était en 1959 mais je m'en souviens comme si c'était hier. Elle appartenait à la directrice de l'école communale qui la garait dans la cour de récréation.

Ma première voiture fut une 2cv dans les années 70. J'ai ensuite eu une Peugeot 204, puis une dizaine de BMW, de la 2002 à la série 7, mais surtout des séries 5.

Ma première voiture de collection fut une Rolls-Royce Corniche cabriolet de 1974, achetée aux enchères en 2000 et que je possède toujours.

LV : Comment a commencé votre histoire avec votre Type E ? Et pourquoi elle ?

Mr M. :Ce qui m'a d'abord attiré dans l'automobile de collection, c'est la finesse et la beauté des dessins de l'époque. Les Jaguar des années 50 et 60 ont à mes yeux des lignes sublimes.

Après l'acquisition d'une xk140 cabriolet de 1957, je me suis mis en quète d'une Type E. Mon choix s'est porté sur une série 1, dont le dessin n'est pas encore altéré par les impositions d'homologation. En revanche, la motorisation m'importait peu. Ce que je cherchais, c'était une couleur. Gunmetal, et si possible avec un intérieur rouge.

LV : Quel a été votre ressenti la première fois que vous l'avez vue ?

Mr M. :Seuls deux exemplaires correspondaient à mes critères à ce moment là. L'un était en Belgique et l'autre en Allemagne. Deux points ont fait pencher la balance vers l'exemplaire allemand : la réputation du vendeur (Thiesen) et un rapport d'expertise de chez Coys. L'expert de la maison de vente anglaise détaillait une restauration de très haute facture étalée de 1990 à 1997 au Danemark. Il la décrivait comme l'un des plus beaux exemplaires qu'il avait essayé. C'était suffisant pour me convaincre !

La première fois que je l'ai vue en vrai, c'était à son arrivée à la maison... J'ai acheté cette auto sans aller la voir, et je ne l'ai pas regretté ! Elle était magnifique, en tous points conforme à la description faite.

LV : Comment avez-vous découvert son histoire ?

Mr M. :L'arrivée de la Type E dans mon garage m'a poussé à étudier plus en détail l'histoire du modèle - je la connaissais peu - et de cette auto en particulier...

"875189" est sortie des lignes de Coventry le 7 juillet 1961 et envoyée au distributeur newyorkais le 19 juillet 1961. Elle est le 189ème roadster produit et fait donc partie des 300 premiers exemplaires (environ) de la présérie, assemblés en partie à la main. Elle serait actuellement le deuxième plus vieux cabriolet Type E répertorié en France (selon le xke data qui essaie de recenser  les exemplaires encore en existence - www.xkedata.com).

LV : Quel usage en faites-vous ?

Mr M. :Je ne l'utilise plus aussi souvent qu'au début, c'est sûr... Je dois faire cinq ou six sorties par an avec, mais je prends toujours autant de plaisir à son volant. Le sentiment de puissance qu'elle distille est fantastique, encore aujourd'hui. Je me souviens être allé à Rétromobile il y a quelques années, décapoté et à des vitesses inavouables... Grisant, surtout en plein hiver !

LV : Vous dites vous en servir moins souvent qu'au début. La hausse de sa valeur en est-elle la raison ?

Mr M. :La principale raison pour laquelle je m'en sers moins est que d'autres véhicules ont depuis rejoint mon garage, et j'ai donc logiquement moins de temps à lui consacrer. Pour le côté valeur, je ne peux que me réjouir de la qualité de l'investissement, bien que n'ayant ni l'envie ni le besoin de m'en séparer. La valeur ne doit pas conditionner la manière de conduire mes autos, même si je fais dorénavant un peu plus attention lorsque je me retrouve en environnement urbain...

 

Les spécificités des premières Type E

Produite de 1961 à 1975 en coupé, roadster et en coupé 2+2 (à partir de 1964), il sortira des lignes de production 72 584 exemplaires de Jaguar Type E, toutes séries et toutes motorisations confondues.

Les verrous extérieurs du capot et les ouïes soudées (embouties par la suite) sont les signes distinctifs les plus visibles des modèles de présérie, mais ils diffèrent en de nombreux autres points des suivants. On pourra citer le plancher plat (jusqu'en janvier 1962), les sièges baquets (jusqu'en 63), la casquette de tableau de bord plate, le carter moteur lisse, la culasse peinte couleur "pumpkin", etc...

 

Quelques Anecdotes

- Le 20 mai 2017, James Matthews conduit sa toute nouvelle épouse Pippa Middleton de l'église à la réception à bord de "77 RW". (source parismatch.com)

- le 8 septembre 2017, Jaguar a présenté à Londres un roadster Type E de 1968, le E-Type Zero, équipé d'un moteur électrique à la place du 6 cylindres 4,2 litres. La version électrique est plus légère (-46 kg) et plus puissante (+40 chevaux) que la version thermique, et la transformation est réversible. Elle sera utilisée le 19 mai 2018 par Meghan et le prince Harry pour leur mariage (source gala.fr)

- Le 18 août 2017, la septième des douze Jaguar Type E "lightweight" fabriquées s'est vendue aux enchères 8 millions de dollars frais inclus. Elle avait participé aux 24 heures du Mans aux mains de Walt Hansgen et Augie Pabst. (source Bonhams.com)

 

 

 

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